L’homme et son bébé

Il y a encore une quinzaine d’années, le père s’intéressait peu à la grossesse et à l’accouchement. Le souhaitait-il, il se heurtait à un refus de la part du corps médical, car il était interdit en salle d’accouchement. Jeune médecin, je trouvais cette séparation injustifiée et cruelle. Les raisons invoquées étaient diverses : asepsie, risque de malaise. En fait, elles n’étaient que des prétextes : les accoucheurs toléraient mal la présence d’un « étranger » spectateur de la relation médecin-malade ! Mais il leur a fallu reconnaître que l’accouchée n’est pas une malade.

Le comportement masculin lui-même a bien changé à l’égard des nouveau-nés ! De quantité presque négligeable avant l’âge du dialogue et des jeux, le bébé est devenu un centre d’intérêt pour son père dès sa venue au monde. L’homme, sans rien perdre de sa masculinité, s’est autorisé a vivre des émotions et un plaisir sensuel jusque-là interdits. Il n’est plus rare de voir les pères nourrir, baigner, porter et surtout caresser leur bébé avec toute la tendresse nécessaire (seuls les changes leur sont encore difficiles à admettre), les publicités n’hésitent plus à montrer le contact physique d’un homme et de son bébé.

La naissance d’un bébé est un événement fantastique. Partager l’expérience de l’accouchement et tenir votre bébé dans vos bras laisse un souvenir unique.

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